samedi 15 janvier 2011

Qu'a derrière la tête Olivier de Sagazan? Ou le corps malmené au Quai



Le peintre, sculpteur et performeur Olivier de Sagazan, était hier au Quai à Angers pour une performance qui tient à la fois du spectacle vivant et des arts plastiques. Sur l'estrade, deux pots de peinture, deux seaux d'eau, un pot de terre glaise mélangée à du kaolin.
Puis l'artiste, en costume cravate, arrive et s'assied en tailleur. Il se concentre . Il lance quelques phrases, mélange de soliloque et d'imprécations et plonge les mains dans l'eau et la terre et commence par s'enduire le visage. L'opération de surmodelage débute.


Son œuvre, dans le prolongement de Francis Bacon, sublime la chair maudite par des déchaînements de matières : empâtements, engluements et dégagements. Les corps de Sagazan, rappellent ceux des tableaux de l'artiste anglais.


Pour Romain Verger, les tableaux d'Olivier de Sagazan sont d'une esthétique macabre, mais les corps, malmenés qu'ils sont, n’en dégagent pas moins une étonnante vitalité. En effet, ces êtres sont saturés de matière, pris en elle. Vivre, c’est éprouver cette pression déformante du monde sur soi, comme en témoignent selon Sagazan les œuvres de Greco ou de Bacon.
Certains textes de l'artiste sur la violence en art peuvent nous aider à comprendre sa démarche :

N’y a-t-il pas déjà suffisamment de violence dans la vie
pour que les artistes eux-mêmes la rendent explicite
dans leur création ?
Les images violentes exercent sur le public une attraction
indéniable… Il suffit de voir comment certaines scènes
horribles sont reprises en boucle par les télévisions
à un niveau planétaire, en garantissant un fort taux d’écoute
à leur diffuseur.
Notre propos n’est pas de réfléchir à ce stimulus ambigu
qui agite alors le spectateur devant de telles images,
mais de tenter de comprendre comment et pourquoi l’artiste
lui-même, s’aventure parfois dans ces territoires obscurs !


Car pour Olivier de Sagazan, peindre ou sculpter, c’est faire l’expérience d’un « corps à corps total ». On impose certes « des épreuves douloureuses » à l’objet mais on partage son martyre, non uniquement par compassion (« on a mal pour la sculpture ») mais en raison des douleurs posturales liées aux conditions de création elles-mêmes (« douleurs musculaires ou nerveuses plus ou moins aiguës », « tendinites » induites par « dissymétrie » : une main tient la palette l’autre le pinceau. La création s’apparente bien à un supplice. Pas de montée en chair sans cela : « Le squelette de ferraille est ajusté à l’aide de toutes sortes d’instruments de torture : chalumeau, fer à souder, pinces ».

Un objet, plus précisément un sujet, concentre les attaques de certains artistes : le "visage", la "face", le "portrait", la "figure", selon les contextes, les registres où il/elle apparaît. Chacune de ces expressions suscite une dimension – l’apparence, la frontalité, l’identité, l’intangibilité de la forme – que vise ce geste commun à tous ces artistes, que j’ai choisi d’appeler défiguration. Défigurer, c’est percer le voile des apparences, affronter la personne en arrachant son masque, découvrir l’identité, déformer pour mieux connaître et sentir.


Lorsqu’il se livre à ses performances, Olivier de Sagazan se décrit comme « un hippopotame métaphysique qui se roule dans sa boue purificatrice ».

L'exposition Olivier de Sagazan est visible à la Galerie 5 de la bibliothèque universitaire rue Lenôtre à Angers du 14 janvier au 26 février 2010

Pour en savoir plus:
Le site de l'artiste:
http://nefdesfous.free.fr/index.htm
et un lien vers un blog où vous trouverez des textes de Romain Verger et plusieurs vidéos des performances d'olivier de Sagazan.

http://membrane.tumblr.com/post/166394368/olivier-de-sagazan-carnets-datelier-n-14

vendredi 19 novembre 2010

Caché le tram derrière quoi?

A Angers, le tram se cache encore. Ici, au centre de maintenance
Ce qui fait la joie des vélos, encore que... rouler sur l'herbe mouillée
Ou des piétons, comme ici sur le pont Confluences (c'est son nom, va falloir s'y faire)
Bon, il reste du boulot encore mais l'inauguration aura lieu en juin 2011




mardi 9 novembre 2010

Vu-pas-vu, derrière la tête des Loriot-Mélia


Tati, Mélies, Bosch, Brueghel, Gustave Doré, Buster keaton, Tex Avery et sûrement encore bien d'autres, s'invitent sous le crâne de François Loriot et Chantal Mélia pour nous donner une exposition d'un genre nouveau au musée des Beaux Arts d'Angers entre la fête foraine, le lunapark, le théâtre et le cabinet privé.
A partir d'un assemblage faussement chaotique, ils introduisent la lumière et font naître une image. Ce bric-à- brac organisé est associé à de savants dispositifs se joue de notre raison . Ainsi l'image obtenue semble ne procéder de rien, surgissant comme par miracle.
http://www.dailymotion.com/video/xfhpd7_exposition-loriot-melia-les-rengorges-2008_creation
http://www.loriotmelia.com/oeuvres.html

lundi 23 août 2010

Qu'avaient donc derrière la tête les artistes quand ils ont coulé leur bronze à la mode burkinabé?

Une , deux, trois coulées de bronze à Charcé Saint Ellier le week end dernier. Sous l'autorité du burkinabé Baba et Pépito. Aperçu et tentatives d'explication.









D'abord le feu, la chaleur. Le foyer est enterré, on ne voit pas le fourneau ni le creuset qui reçoit l'alliage en fusion. Un ventilateur attise le feu permettant d'atteindre 1200, 1300 degrés.


L'alliage est constitué principalement de cuivre, un peu d'étain et de zinc.

Le charbon est dessous, sur les côtés mais aussi dessus pour obtenir la chaleur désirée. Les scories et autres déchets sont ensuite facilement retirés de l'alliage car plus légers, ils flottent.


Pendant ce temps-là, les moules qui vont recevoir l'alliage en fusion sont cuits au feu de bois. Les artistes ont d'abord façonné leurs oeuvres dans de la cire puis celle-ci est recouverte d'une première couche de terre qui épouse au plus près la cire. Ensuite il ya une deuxième et troisième couche de terre armée de fer pour maintenir le tout.


On ménage un orifice au dessus pour couler le bronze. Mais avant cette cuisson, il a fallu faire fondre la cire pour obtenir un moule en creux.

Le travail est collectif. On voit Baba verser le bronze aidé d'une assistante qui enlève les scories. Deux autres assistants disposent les moules apportés par Pépito.

Il faut qu'ils soient debouts et droits et surtout très chauds pour ne pas subir de choc thermique et éclater lorsqu'ils reçoivent l'alliage en fusion.


Après la nuit commence l'opération de démoulage, au marteau d'abord pour enlever le plus gros.



Ensuite à l'aide de petits pics fins on enlève la terre cuite collée au métal.


Vient ensuite l'étape de ponçage et polissage.

Quelques œuvres.

Ce pendentif a été obtenu à l'aide d'une autre technique puisque le moule était un os de sèche que l'on a divisé en deux, puis creusé avant d'être assemblé.


Pour finir je vous conseille d'aller visiter le site du photographe Jean François Rabillon
http://www.rabillon.com/actu.htm
Les photos sont superbes.

vendredi 13 août 2010

Qu'est-ce qu'il y a derrière la tête d'Anne Moréa?


Après Raoul Ubac à Trélazé poursuivez votre route jusqu'à l'église de Sorges où Anne Moré investit les lieux. Des personnages s'y promènent. A voir.






Centenaire Raoul Ubac à Trélazé


L'artiste belge Raoul Ubac est fêté comme il se doit par Trélazé. En effet, cet artiste, discret, passionné par l'ardoise, s'approvisionnait dans la cité du Maine et Loire.














Vous pouvez avoir une idée de l'étendue de son talent en allant aux Anciennes écuries des ardoisières où est livré une résonance, un regard croisé entre une collection de lithographies de Raoul Ubac et les photographies de Christophe Louergli, artiste photographe bruxellois qui s'inspire des oeuvres d'Ubac. Ce travail est très intéressant.







La scénographie de l'exposition est inventive et se sert bien du lieu. On peut voir certaines des œuvres dans le noir presque total ce qui donne une autre dimension aux toiles exposées.

mercredi 9 juin 2010

Humaine comédie par Sandrine Jousseaume à la galerie 19

Sandrine Jousseaume est professeure de photographie à l'école des Beaux Arts d'Angers. Elle expose sa série "Comédie humaine Acte 2" à la galerie 19, située au 19 de la rue Chateaugontier à Angers.
http://www.sandrinejousseaume.com/travaux.html